Re: nature morte presque fini

Posté par brunoCH le 26/2/2010 14:46:14
Il n'y a que toi qui peut savoir si ton image est finie. Elle très bien et ce que je trouve aussi admirable c'est la façon dont tu as travaillé. Ci-joint deux extraits d'une interview de Claude Simon. C'est un écrivain français pas très connu mais quand même prix Nobel de littérature. Il dit des choses intéressantes.

Citation :
Pour commencer, ça se passe comment ?

Ça se passe de façon très diverse. Justement, je prépare une conférence pour Zurich où je dois aller dans quinze jours, sur La route des Flandres. Mes romans ce n’est pas écrit, comme ça, sous le coup d’une inspiration dictée par la « muse » : c’est fabriqué. Vous savez les critiques quand ils veulent être méchants disent : « Oeuvre péniblement fabriquée », comme si la plupart des œuvres valables n’avaient pas été, justement très péniblement fabriquées. C’est très curieux d’ailleurs cette position (qui date du XIXème d’ailleurs) : le romancier qui écrit avec fougue, d’une plume « élégante », voyez... « aisée », « facile ». Autrefois, avant le XIXème les peintres, les écrivains, les musiciens, étaient considérés et se considéraient eux-mêmes comme des artisans. Bach disait : « N’importe qui peut faire aussi bien que moi s’il y accorde autant d’attention et autant de soin ». Je pense aussi que n’importe qui peut faire aussi bien que moi s’il accorde à son travail autant d’attention, autant de soin, autant de peine que j’y prends.


Citation :
Une fois que vous avez terminé, est-ce que vous écrivez le mot « fin » matériellement sur votre page ?

Quelquefois, mais en général c’est illusoire. Quelquefois je me dis : « Voilà c’est fini », puis je reprends, et alors tout recommence. Enfin, il y a un moment où on a tout de même l’impression que ça a « pris ». Oui : comme la mayonnaise. Bien sûr il y aura des corrections à faire, il y en a toujours, il y en aurait toujours même... On porte son manuscrit à son éditeur quand on n’en peut plus de travailler dessus, c’est tout...

Vous ne corrigez pas quand même les livres imprimés, une fois en librairie !

Ah ! non, je voudrais bien. C’est pour ça que je refuse tout le temps, lorsqu’on me demande de faire des lectures, des choses comme ça... J’ai horreur de me relire, parce qu’on ne peut plus corriger, justement. Vous savez, Bonnard, le peintre, allait dans les musées avec une petite palette et, là, il faisait des corrections sur ses tableaux en surveillant si le gardien ne le regardait pas...

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